Le végétarisme sauvera-t-il le monde ?


Le végétarisme ne serait-il pas une mode de bobo repus en mal de reconnaissance sociale ? Alors que d’après la FAO 870 millions de personnes souffrent de malnutrition, le végétarisme ne serait-il pas indécent ? Au-delà de toute considération éthique, médicale ou économique, quel est l’impact environnemental de l’exploitation animale ?

Date de publication : 03/08/15


Préambule

La production de nourriture est responsable de 19 à 29% des émissions des gaz à effet de serre1, ces gaz à l’origine du changement climatique actuel2 et dont les plus importants sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O). Ces gaz à effet de serre sont émis tout au long de la chaîne de production : le transport, l’utilisation de fertilisants, mais aussi la déforestation. Outre leur rôle dans le changement climatique, les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine mettent en relief les besoin d’énergies et l’impact global de notre production d’aliments.

Comparons le comparable

Du fait de leur diversité, il est délicat de classer et comparer les impacts de différentes cultures, produits ou services : occupation des sols (quantité de terres utile à la production d’une denrée), empreinte carbone, consommation d’eau, eutrophisation (pollution des eaux qui amène au développement d’algues et à une baisse de la biodiversité). Comment comparer un produit qui pollue l’eau avec un autre qui pollue l’air ? Ce serait un peu comme comparer deux joueurs de foot occupant des postes différents. Gigi Buffon qui est gardien de but aux réflexes hors normes est-il meilleur que l’attaquant Neymar et ses dribles dantesques ? C’est incomparable.

Etre bon ou mauvais pour l’environnement englobe des problématiques pouvant être très divergentes et dont le classement peut aboutir à des notions subjectives. Ce que nous venons de prouver brillamment avec cet exemple footballistique. Mais on peut répondre au moins partiellement à cette question.

Analyse du cycle vie

L’analyse de cycle de vie se base sur le bilan global d’un produit. Il s’agit de considérer une boite avec ce qui y rentre et ce qui en sort en veillant à bien tout prendre en compte. Cette méthode a ses défauts et ses avantages mais c’est une excellente méthode pour comparer deux produits grâce à un score global. Dans le cas des gaz à effet de serre, si un produit émet plusieurs types de gaz, on les prend en compte suivant leur impact sur le climat par rapport au CO2. On parle alors d’équivalents CO2 (CO2(eq)), qu’on additionne pour obtenir un score appelé empreinte carbone. Cette empreinte carbone permet d’englober relativement bien l’énergie consommée, les transports, la déforestation dans certains cas, et une certaine forme de pollution car on prend en compte tous les gaz à effet de serre. La force de ce bilan est qu’il englobe beaucoup de variables.

Dans le cas de la production de viande il faut délimiter le cadre géographique de l’étude. Une exploitation agricole n’est pas identique à une autre, le modèle agricole américain n’est pas le même que le français par exemple. Chaque étude peut aussi poser des limites qui lui sont propres : comme arrêter le bilan d’un produit avant son transport final par exemple. Les scores peuvent donc différer d’une étude à l’autre : il faut toujours faire attention à ce qui a été pris en compte ou pas.

La vache : une énergie folle !

De nombreuses études ont été menées pour connaître l’impact environnemental de la viande. Comme cette dernière est une source importante de protéines, on peut comparer les émissions de gaz à effet de serre pour un kilogramme de protéines.


Ici vous est présentée l’illustration d’une revue3 (c’est-à-dire une synthèse de différentes études scientifiques) qui compare les empreintes carbone de différents produits alimentaires sources de protéines. Sont présentées des ordres de grandeur obtenus via plusieurs études.

Qui vole 1 kilogramme de protéines issues d’œuf émet en moyenne 26 kg d’équivalents CO2 contre 110 kg s’il vole 1 kilogramme de protéines issues de bœuf intensif. Un produit végétarien ne contient pas de chaire animale, un produit végétalien ne contient aucun produit d’origine animale (lait, œuf).

Nous constatons donc que les viandes ont en moyenne une empreinte carbone plus importante que les produits végétariens d’origine animale (œuf, lait) et plus importante que des produits strictement végétaux (légumes sec, soja). En termes d’émission de gaz à effet de serre, la consommation d’un kilo de protéines d’œuf émet autant d’équivalents carbone que si l’on faisait 240 bornes en voiture, et pour la viande de bœuf ce sont 1000 bornes.

 
1kg de protéines provenant de différentes sources et leurs émissions en équivalent CO2

Il est aussi intéressant de voir qu’en termes d’occupation d’espace, le classement est très similaire à celui obtenu pour l’impact carbone. En effet, certains animaux nécessitent de plus grandes quantités d’aliments, qui eux-mêmes nécessitent une surface plus importante.




La surface occupée pour produire 1kg de protéines de bœuf en système intensif est de 100m² contre 30 pour la volaille et 17 pour les différents végétaux (soja, lentilles etc.)

Il est intéressant de remarquer qu’un bœuf issu d’un système intensif requiert moins de surfaces qu’un bœuf issu d’un système extensif (prairie). En effet, ce dernier nécessite une surface en prairies plus importante. Cela est dû à la différence de « rendement » à l’hectare entre une prairie et un champ : on produit plus de matières grâce à un champ cultivé qu’avec une prairie.


Cultiver une surface permet de fournir plus d’alimentation bovine que la même surface en prairie

En termes d’occupation des sols, le bœuf intensif est moins gourmand en ressources et moins émetteur de gaz à effet de serre. Grosse claque pour les bucoliques prairies ? Peut-être, mais certains terroirs ne sont pas adaptés à la culture (comme la montagne par exemple). Il ne faut donc pas mettre la charrue avant le bœuf4.

Outre l’occupation des sols, une protéine d’origine animale demande entre 6 et 7 fois moins de phosphates (engrais), de biocides et d’énergies fossiles5 qu’une protéine végétale.

Pourquoi cette émission de CO2 ?

Revenons à l’empreinte carbone. Il est assez cocasse de remarquer que, pour beaucoup de citoyens, le transport de l’alimentation est une source très importante de gaz à effet de serre. Or, le transport de la viande ne représente pas plus de 5% du bilan total des émissions liées à la production et la distribution de viande ! Pour le bœuf, la part la plus importante est imputable à la production de la nourriture des animaux (déforestation), puis viennent la décomposition du fumier (avec l’émission de N2O), ensuite le méthane directement émis par les animaux (les fameux pets de vache qui sont plutôt des rots), le reste presque équitablement réparti entre la consommation des carburants, l’utilisation des fertilisants et la gestion des déchets1,6-9.

Les Indices de consommation

L’impact plus important des viandes d’un point de vue des émissions de gaz à effet de serre ou de l’occupation des sols pourrait tenir en une expression : « indice de consommation ». Cet indice mesure la quantité d’aliment nécessaire pour produire un kilo d’un autre aliment. Il reflète une sorte de rendement, l’efficacité de conversion d’un aliment en un autre. Plus l’indice de consommation est petit, plus l’efficacité est bonne.

Bien entendu les ruminants comme le bœuf ne mangent pas que du maïs et du soja dans le système agricole européen et plus particulièrement français. Ils sont alimentés avec du fourrage (de l’herbe) qui n’est pas un aliment pour l’Homme (et n’entre donc pas en compétition). Cela peut représenter de 20 à 100% de leur alimentation10. Un des points critiques de l’alimentation animale est notamment, d’un point de vue écologique, le soja.

Le soja

La majorité du soja produit dans le Monde est utilisé pour l’alimentation animale, généralement sous forme de tourteaux, c’est-à-dire après déshuilage des graines. Le soja est la plante qui produit le plus de protéines à l’hectare. En 2011, la demande en soja de l’Union Européenne a été en grande partie satisfaite par l’import de soja Sud-Américain. Cela représente une surface de culture de 15 millions d’hectares dans les pays producteurs. Cette surface est équivalente à celle de la Grèce11.

Le soja en lui-même ne pose pas de problème particulier car il permet d’alimenter plus d’animaux en utilisant une surface plus petite (vu un peu plus haut). Cependant, la demande en soja a favorisé la déforestation en Amérique du Sud où les promoteurs se sont rués sur l’or vert. L’impact environnemental est donc délocalisé. Alors que l’Europe a une surface forestière stable, elle importe des denrées agricoles qui ont nécessité de la déforestation12. Cette déforestation est problématique du point de vue de la biodiversité mais aussi de l’empreinte carbone. En effet, les forêts sont des « puits de carbone » qui peuvent en relâcher de grandes quantités,notamment à partir de leurs sols13-16. Ce processus est connu sous le nom de « changement d’affectation des sols ».

Une étude commanditée par la commission européenne a montré que sur la période 1990-2008 il y a eu 240 millions d’hectares (Mha) de forêts qui ont disparus dans le monde. Les causes en sont inconnues (50 Mha), les catastrophes naturelles (40 Mha), l’urbanisation (10 Mha). Les 140 Mha restants peuvent être attribués à la conversion de forêts en terres destinées pour moitié à la production agricole (alimentation humaine et pour le bétail, agrocarburants) et pour l’autre moitié à l’élevage direct de ruminants (pâturages).

Près de 60 % de la déforestation causée par les européens via leurs importations sont dus au soja, et donc à notre consommation de viande. Environ 4,4 millions d’hectares de forêts ont été défrichés pour fournir l’union européenne en soja durant ces 18 ans. Cela représente, tenez-vous bien accrochés, l’équivalent de 670 terrains de foot… par jour (4400000/18/365 ; 1 ha = 1 terrain de foot environ 100mx100m). D’après le WWF, un européen moyen consomme 61 kg de soja caché par an11.

Part de l’alimentation dans notre empreinte carbone

Bon tout ça c’est bien beau. Mais je me chauffe l’hiver, je roule en voiture. Alors quelle est la part de l’alimentation dans mon empreinte carbone ? D’après une étude norvégienne17, un français moyen avait un impact carbone de 13,1 tonnes de CO2 en 2001 (T/P/an : Tonnes par personne et par an). A titre de comparaison c’est le Luxembourg qui se trouve être le pays le plus émetteur sur les 70 étudiés (33,8 T/P/an), suivi de Hong Kong (29 T/P/an) et des Etats-Unis (28,6 T/P/an). L’hexagone a un bilan meilleur que l’Allemagne (15,1) mais moins bon que la Suède (10,5). Les émissions françaises se répartissent de la manière suivante :vêtements (3%), transports de marchandises (4%), construction (8%), services (16%),produits manufacturés (16%), alimentation (16%), énergie domestique (19%) et transports (19%). L’alimentation a donc une empreinte carbone de même ordre de grandeur que l’énergie domestique, que les transports ou encore que la consommation de produits manufacturés.

Solutions

Une étude américaine a montré que consommer local réduisait de 4 à 5% seulement les émissions de gaz à effet de serre. En effet, nous avons vu que le transport a un impact minime sur les « émissions du bœuf ». En termes d’empreinte carbone, un jour sans viande rouge ou sans produits laitiers (remplacés par une source végétale de protéines) serait tout aussi efficace que d’acheter la totalité de ses produits locaux18. L’empreinte carbone des grands mangeurs de viande est environ deux fois supérieure à celle de végétariens.


Emissions de CO2 pour une journée avec différents régimes alimentaires. Moins un régime comprend de produits d’origine animale, moins il est émetteur de gaz à effet de serre19.

Diminuer la consommation de viande semble la meilleure des solutions pour réduire significativement son empreinte carbone. Il est estimé que la consommation journalière de viande dans les pays développés est de 200 grammes, contre 100 dans les pays en voie de développement8. Or, les recommandations du PNNS (Programme National Nutrition Santé) préconisent une à deux consommations de viandes, poissons ou œufs par jour. Cela représente environ 100 g/jour pour les adolescents, ou les adultes. Deux fois moins que les habitudes de chacun en moyenne. Pas plus d’un steak haché ou deux œufs par jour comme source de protéine d’origine animale20. Nous ne rentrerons pas dans les considérations éthiques ou médicales, mais les sources de protéines peuvent tout aussi bien être végétales, en partie ou en totalité. La question du remplacement, même partiel, de l’origine de ces protéines n’est donc pas une question bête.

L’étude commanditée par la commission européenne présentée plus tôt a fait le calcul. Si dans l’Europe des 27 il nous venait à l’idée de faire un jour « végétarien » par semaine, l’Europe économiserait 10 Mha de surface de culture en 2020. Cela ne devrait plus nous étonner : nous savons désormais que la production de protéines animales est plus consommatrice de ressources que les protéines végétales. Si tout le continent passait à cette diète, l’économie serait de 50 Mha. L’équivalent, environ, de la surface de la France métropolitaine ! Au niveau mondial, les chiffres sont tout aussi vertigineux. Avec le régime actuel, les surfaces à cultiver devraient augmenter de 600 Mha alors qu’elles resteraient stables en changeant l’alimentation de chacun21.


En mangeant un régime végétarien, une personne émettra autant de gaz à effet de serre que si elle roulait 6000km en voiture en une année. Une personne ayant un régime classique (omnivore) emmétra autant de gaz à effet de serre que si elle parcourait 11 000km en voiture en une année (estimations21).

Conclusions

L’ensemble des études sur le sujet disent à l’unisson que l’alimentation a une place majeure dans notre impact sur l’environnement, notamment en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre3,5,6,8,9,12,17,21-28. La viande et les produits alimentaires d’origine animale ont un impact considérable sur l’environnement. Cette conclusion ne fait aucun doute. Les végétariens ont de ce point de vue un impact positif sur l’environnement27,28. Si vous souhaitez sauver la planète, il vaut mieux aller manger une galette de quinoa en voiture que d’aller manger un filet mignon de porc à vélo. C’est cruel, mais c’est ainsi.



Phosphoré par : Gontier Adrien, Jaeger Catherine, Adam Véronique

Mots clefs : viande, végétarisme, gaz_à_effet_de serre, CO2, pollution

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Références ▼

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